Revenir au site

Ecrans, enfants et confinement : 4 conseils pour moins culpabiliser (ni passer pour un mauvais parent)

· Profiter ensemble,Être parent

En cette période de confinement, vous êtes nombreux à regretter que vos enfants passent beaucoup plus de temps devant les écrans qu’en temps normal.

 

La fermeture des écoles puis le confinement, ainsi que le recours au télé-travail dans de nombreuses entreprises amènent beaucoup de parents à faire des choix… pragmatiques !

« Je n’ai pas le choix, quand je suis en réunion au téléphone, la seule façon pour qu’ils restent calmes est de mettre un dessin animé »

« D’habitude ils ne regardent pas autant, mais là je ne me sens pas de lutter ! »

« Allumer la télé, c’est la seule façon d’avoir 5 minutes de répit avec mes 3 enfants… »

C’est un fait, dans beaucoup de familles, les parents disent plus souvent « oui » aux écrans qu’habituellement.

Il me semble qu’il est possible, sans tomber dans la complaisance, de trouver comment faire au mieux quand les circonstances sont telles qu’actuellement : compliquées.

En tant que coach parentale, j’ai la conviction qu’il ne ressort jamais rien de bon de la culpabilité des parents et que des solutions pragmatiques et « au cas par cas » seront toujours plus aidantes. Ce qui est regrettable, c’est que l’avalanche actuelle de recommandations sur les écrans manquent leur cible en décourageant les parents déjà attentifs et en n’atteignant pas les familles dans lesquelles il y a un réel risque de surexposition.

Mieux vaut sans doute un dérapage (contrôlé) sur le temps d’écrans qu’un parent épuisé d’avoir tenté de tenir sur tous les fronts (télé-travail, école à la maison, logistique, ….) et qui finit par crier trop fort.

Dans cet article, je vous livre mes 5 conseils de coach parentale pour gérer les écrans durant cette période de confinement sans craindre de vous tirer une balle dans le pied... ni de passer pour un mauvais parent !

Retrouvez en bonus en fin d’article ma sélection de contenus et d’activités pour utiliser intelligemment le temps d’écran :-)

#1 Faites le point sur vos priorités… et choisissez vos combats !

Depuis le début du confinement, les compteurs de temps d’écrans explosent à la maison ?

Vous êtes déjà bien au-delà de la plupart des recommandations des experts ?

Pas de panique ! A période exceptionnelle, dispositions exceptionnelles !

La vigilance vis à vis des écrans est nécessaire mais la situation impose de la souplesse.

C’est le moment où jamais de prendre un recul nécessaire sur la situation et la consommation d’écrans.

Si vous télé-travaillez, le recours aux écrans est sans doute un moindre mal.

Les enfants auront bien plus à perdre si leurs parents mettent en danger leur activité professionnelle et la sécurité économique de la famille que s’ils les laissent dépasser temporairement les recommandations d’experts.

Idem si vous êtes parent-solo et que les écrans sont la seule façon de canaliser vos enfants simultanément et souffler ou suivre une conf’call hyper importante.

Si vous viviez déjà une situation familiale marquée par les tensions et les crises avant le confinement (troubles du comportement, conflits avec les ados, …), la souplesse sera également de mise. A choisir, mieux vaut sans doute céder plus qu’a l’accoutumée sur les écrans qu’alimenter de nouvelles tensions dans la famille et laisser se dégrader les relations parents-enfants. Vous reprendrez le fil quand vous aurez à nouveau les ressources habituelles.

Même si la situation actuelle devait durer quelques mois, il y a fort à parier que les enfants se remettront de ces dépassements temporaires, à la condition d’un retour progressif à la normale.

#2 Lâchez sur la quantité de temps passé mais pas sur la qualité des contenus proposés

Les débats et études scientifiques sur les temps d’écrans tournent essentiellement autour de la question du temps passé.

Or l’usage qui est fait des écrans et la nature des contenus que votre enfant regarde peut faire la différence.

C’est souvent sur ce point que les résultats des études diffèrent, certaines études concluant que le type d’activité devant les écrans serait un facteur bien plus déterminant que la durée.

Manipuler des objets à l’écran (applis dites « éducatives », logiciels de conception assistée par ordinateur, …) ne sollicite pas l’intelligence de l’enfant de la même manière que regarder passivement un dessin-animé.

Si la télé est une bien mauvaise baby-sitter, le bon côté c'est qu'il existe une offre pléthorique de contenus et d’activités qui peuvent être proposés à nos enfants.​

Je vous recommande de vous tourner vers ceux qui transforment les écrans en un outil pour accéder à de nouvelles expériences (exemples d’altruisme, de bienveillance), des possibilités de manipulations (puzzles ou activités Montessori, conceptions de plans sur logiciels, …) ou de découvertes (documentaires animaliers ou scientifiques).

Sélectionnez les contenus et veillez à varier les activités en proposant à votre enfant d’autres supports que les dessins animés des chaînes de télévision.

En manque d’inspiration ? Retrouvez ma sélection à la fin de cet article ;-)

#3 Imposez des contreparties

Derrière le débat autour des écrans, se cache une ressource très précieuse : le temps !

Au-delà des impacts directs d’une surexposition aux écrans sur le développement de l’enfant, la question est surtout celle du temps qu’il reste pour nourrir les besoins essentiels des enfants (interactions avec les adultes, motricité, possibilités d’agir sur le monde, …).

(Les plus curieux pourront se référer à la conclusion de cet article qui passe en revue les études actuelles).

Accordez des temps d’écran en échange d’activités qui nourrissent les besoins essentiels des enfants.

La sédentarité et la passivité de l'enfant devant l'écran peuvent être compensées en prenant soin de nourrir les besoins d’activité physique et d’intervention des enfants sur le monde réel.

Une astuce consiste à accorder des temps d’écran en échange d’activités qui nourrissent les besoins essentiels des enfants.

Voici quelques exemples pour vous inspirer :

  • Des challenges : « Pour regarder un nouvel épisode de ton dessin-animé préféré, il faut que tu aies fait bouger ton corps. Fais 10 fois le tour de la table à manger en courant »
  • Des « bon pour… » ou « tickets d’écrans » accordés quand les besoins fondamentaux ont été nourris : « Après tes 15 minutes d’activité physique, tu obtiens 2 tickets de 30 minutes d’écrans ».

Il est également possible de définir des règles telles que :

  • « Les temps d’écrans sont autorisés quand les devoirs sont faits »
  • « Un bonus de temps d’écran est accordé aux enfants qui ont contribué aux tâches de la maison (faire son lit, ranger ses jouets ou vider le lave-vaisselle) »

#4 Concentrez vos efforts sur les bons garde-fous

Si je devais vous inviter à respecter une seule recommandation en ce moment, ce serait la règle des « 4 pas » élaborée par Sabine Duflo.

Deux de ces « 4 pas » me semblent possibles - et surtout souhaitables - à appliquer même durant cette période de confinement :

  • Pas d'écrans avant de s’endormir. Eteignez tous les écrans au plus tard 1 heure avant l’heure du coucher. Renoncez à l’option « un dernier dessin animé après le repas et après au lit ! ». L’intensité des simulation des écrans et les effets de la lumière bleue retardent l’endormissement.
  • Pas d'écrans durant les repas. S’ils sont pris en commun, les repas doivent rester un temps d’échange. Ils sont l’occasion de nourrir le besoin d’interaction des enfants. Mieux vaut profiter des repas pour parler avec vos enfants de ce qu’ils ont regardé ou fait sur les écrans que d’allumer la télé et demander le silence !

Et si l’organisation familiale le permet, appliquez également ce troisième « pas » :

  • Pas d'écrans le matin. Durant cette période de confinement, réservez les débuts de matinée, quand le cerveau de votre enfant est le plus disponible, au temps d’école.

Confinement ou pas, préserver le sommeil et les interactions familiales pendant les temps de repas reste primordial !

[BONUS]

Ma sélection de contenus pour consommer les écrans intelligemment ;-)

Parce que les écrans, c’est avant tout ce que l’ont en fait, je partage avec vous des contenus (TV, tablette, ordinateur) pour dire « oui » à un temps d’écran sans culpabiliser de les laisser regarder n’importe quoi !
Il y a des milliers de contenus de qualité pour les enfants. J’ai sélectionné des formats courts sur les différents écrans, qui vous permettent d’accompagner les enfants dans leurs apprentissages en tirant le meilleur profit des écrans comme outils..

Vidéos :

  • L’incontournable « C’est pas sorcier ». Bonne nouvelle il existe 599 épisodes, tous disponibles sur la chaîne YouTube de l’émission ! De quoi trouver le sujet qui passionne votre enfant ;-)
    Pour ceux qui préfèrent la nouvelle génération « C’est toujours pas sorcier », présenté par Max Bird est disponible en replat sur France TV. Pour les 6-12 ans.
  • Le cultisme « Il était une fois la vie » pour mieux comprendre les virus, les vaccins, les maladies, … dont certains épisodes sont actuellement disponibles sur la chaîne YouTube  « Il était une fois… ». Une seule précaution selon moi : cette série nécessite un échange avec les enfants, histoire de leur expliquer qu’il n’y a pas des petits bonhommes qui vivent dans leur corps ;-) Dès 4/5 ans.
  • Pour les « grandes questions » d’enfants sur l’actualité et le monde, « Un jour, une question » vous aidera à leur apporter des réponses adaptées et pédagogiques grâce aux écrans ;-) Parmi les derniers épisodes beaucoup sont consacrés à l’actualité du coronavirus. Dès 7-8 ans.

Applications

  • Les Petites choses est une appli géniale (et gratuite !) pour les plus jeunes (dès 18 mois selon l’éditeur) qui plonge les enfants dans un univers esthétique et poétique. L’enfant peut s’exercer sur ses premières manipulations digitales : faire tourner des moulins à vent, actionner des boîtes musicales, ….
  • Le memory de l’appli « Les jeux du livre des bruits », le célèbre imagier de Soledad. Le memory est un jeu excellent pour développer certaines aptitudes chez les plus jeune (attendre son tour, être attentif, exploiter sa mémoire, …) et notamment les fameuses fonctions exécutives que Céline Alvarez recommande de développer. Bien sûr, rien de vaut une partie avec de vraies cartes et d’autres joueurs. Mais à défaut, c’est un « temps d’écran » qui sera bien investi et qui permet à des petits (3-4 ans) de jouer au memory seuls.
  • Des applications inspirées de la pédagogie Montessori pour apprendre à lire ou à compter. Quand vous n’êtes pas disponibles mais que vous voulez permettre à vos enfants de poursuivre leurs apprentissages, ces applis offriront à vos enfants l’occasion de s’exercer en autonomie.
    Pour préparer les bases de la lecture : « Le son des lettres » est pour moi l’appli idéale pour accompagner les enfants dans la lecture.
    Pour apprendre à compter :
    Pour les 2-6 ans : « Numberland » pour se familiariser avec la comptine numérique, les quantités et les symboles (chiffres).
    Pour les 5-6 ans : « Maths City » pour comprendre les grands nombres (unités, dizaines, centaines milliers…)

Logiciels (pour les grands à partir de 8 ans)

  • Pour les fans de lego, Lego Digital Designer leur permettra de créer leurs constructions en 3D et obtenir le plan de montage.
  • Pour les collégiens (ou les jeunes geeks), Scratch 3.0 est LE logiciel pour faire ses premiers pas dans le codage. Autre avantage, il permettra d’alterner entre séquences de programmation aussi simples que ludiques et des séances de jeux vidéo sur l’un des projets partagés par les autres codeurs. Familiarisez-vous au codage et à l’utilisation de Scratch avec les vidéos de Micode disponibles sur lumni.fr.
  • Et en ces temps de classe virtuelle, où les enfants utilisent beaucoup plus l’outil informatique, pourquoi ne pas leur apprendre à taper de leurs dix doigts ? Avec le logiciel en ligne Typing Club, ils disposent d’une méthode adaptée. Une compétence qui sera très précieuse pour cette génération d’enfants ;-)

Et vous, comment est-ce que vous gérez le temps d’écran pendant cette période de confinement ?

L’auteure

Je suis Céline Syritellis et je m’adresse aux parents qui sont fatigués de crier sur leurs enfants.

J'aide ceux qui ont conscience que ça n'est pas la bonne solution, mais qui se sentent démunis.

Les parents qui font appel à moi sont inquiets pour leur enfant, sa réussite et son bien-être, mais également pour la qualité de leur relation.

Crédit photo : Charles Deluvio on Unsplash

Tous Les Articles
×

Vous y êtes presque...

Nous venons de vous envoyer un e-mail. Veuillez cliquer sur le lien contenu dans l'e-mail pour confirmer votre abonnement !

OK