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La politesse de mon enfant : 5 raisons de lâcher prise.

Transmettre la politesse à ses enfants est un challenge pour les parents. C’est aussi un enjeu fort, car avoir des enfants polis, c’est pour beaucoup la preuve que nous sommes de bons parents. Mais est-ce prioritaire ? Voici 5 raisons de lâcher prise avec la politesse.

« Et qu’est-ce qu’on dit ? » , « T’aurais pas oublié le mot magique ? » , « Dis bonjour à la dame » ,… Vous avez certainement déjà prononcé l’une de ces phrases… Vous arrive-t-il de faire la sourde oreille en attendant le mot magique ?

Ce souci d’élever des enfants polis est largement soutenu par notre entourage, et même par de parfaits inconnus ! La boulangère qui ne lâche pas la chouquette offerte à notre enfant tant qu’elle n’a pas entendu « merci », cette amie qui exige un remerciement de notre plus jeune en échange de ce cadeau qu’il n’a pas encore déballé… Comment réagir en tant que parent ?

Avec mes enfants, je lutte contre ce réflexe d’extorquer des « merci » et « s’il te plaît ». Je vous explique pourquoi.

#1 Je crois en la force de l’exemple.

On sous-estime souvent la force d’une éducation silencieuse, qui passe moins par les remontrances que par l’exemple. Parce que la politesse renvoie à des valeurs comme le respect ou encore l’altruisme, je suis très attentive à la transmettre en étant bienveillante et respectueuse envers mes enfants aussi. C’est une question d’exemplarité et de cohérence. Quelle meilleure démonstration de l’importance du respect qu’une attitude respectueuse envers nos enfants en toutes circonstances ?

Parce que la politesse renvoie à des valeurs comme le respect ou encore l’altruisme, je suis très attentive à la transmettre en étant bienveillante et respectueuse envers mes enfants aussi.

#2 Au-delà de la politesse, je veux leur transmettre le sens de la gratitude.

Plutôt que de leur inculquer le seul réflexe de la politesse et de ses convenances sociales, j’aimerais leur transmettre le sens d’une sincère reconnaissance et de la gratitude. Des adultes qui n’oublient aucun « merci » ni aucun « s’il te plaît », on en connaît tous. Mais combien sont-ils à éprouver véritablement la reconnaissance qui donne toute leur force à ces mots ?

Est-ce que je veux que mon fils pense « j’ai dit merci, c’est maman qui va être contente » ou « j’ai dit merci parce que, grâce à l’attention de cette dame, j’ai pu me régaler d’une chouquette » ? Vous devinez ma réponse. Je suis attentive à ce que ces petits mots précieux ne soient pas perçus comme une simple monnaie d’échange, un mot de passe pour obtenir quelque chose. Pour moi, ils sont plus que cela.

#3 « Merci » est un concept trop théorique pour un enfant de moins de 4 ans.

Comprendre la portée d’un mot de politesse comme « merci » implique d’être capable de prendre en compte le point de vue de l’autre pour pouvoir envisager l’effet que cela produit sur lui. Or du point de vue cognitif, cette capacité à se « décentrer » pour se mettre à la place d’autrui n’est mature qu’aux alentours de 3 ou 4 ans. Inutile donc de trop insister avant l’heure. On évite ainsi que cela ne devienne un sujet de crispation ou que cela ne s’apparente davantage à du conditionnement qu’à la transmission des valeurs associées à la politesse. Avec mes plus jeunes enfants, je prends alors soin de décrypter la situation et de les accompagner : « Je crois que la dame a très envie d’entendre ‘merci’. Tu veux bien que je lui dise que tu es content qu’elle t’ait donné cette chouquette ? ».

#4 Je préfère choisir mes batailles.

Je vois bien que pour la boulangère, entendre mon enfant lui répondre « merci » est très important. Je perçois aussi parfois qu’elle attend de moi que j’intervienne auprès de mon enfant, en « bon » parent. Mais quand j’ai d’un côté le second qui est déjà en train de sortir de la boulangerie et le troisième qui râle pour sortir de la poussette et attraper ma baguette, je préfère choisir mes batailles. Alors je préfère garder tout ce petit monde groupé et éviter les rapports de force quand ils ont faim et que la fatigue pointe son nez. Alors je remercie moi-même la boulangère.

#5 Je suis au clair avec mon amour-propre de parent.

La politesse des enfants est énormément appréciée et valorisée par certains adultes qui ont vite fait de faire l’association « enfants polis = enfants bien élevés = enfants qui ont de bons parents »… Quand un autre adulte fait une remarque à l’un de mes enfants, je ne me sens pas obligée de faire à démonstration qu’il m’obéit promptement ou qu’il est « bien élevé ». Dans mes réactions avec mes enfants en public, je prends soin de réagir « au bon endroit et à la bonne chose ». Consciente de ses apprentissages, je fais primer la relation à mon enfant et ne cède pas aux sirènes de mon amour-propre de parent. En entendant cette amie qui avait tendu un cadeau et réclamé un « merci » dans la seconde, je n’avais pas réagi. Mais après que mon fils a sauté de joie en découvrant un livre sur les dinosaures sous l’emballage, je lui ai glissé « ça a l’air de te faire vraiment plaisir d’avoir une nouvelle histoire à lire ce soir. Allons lui dire qu’elle a eu une bonne idée ! ».

Et vous ? Comment réagissez-vous quand il manque un « merci » ou un « bonjour » ? Avez-vous l’impression d’être influencé(e) par le regard des autres ?

L’auteure. Je suis Céline Syritellis et je suis coach parental. J’ai créé Paizi pour aider les parents à retrouver un quotidien paisible avec leurs enfants. Je leur propose des solutions personnalisées pour gérer sereinement les crises et les oppositions, mais aussi l’organisation pratique d’un quotidien avec de jeunes enfants.

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Crédit Photo : Anna Kolosyuk / Unsplash

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