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« Haut potentiel intellectuel » : quel intérêt à « tester » mon enfant ?

· L'aider à grandir

Votre enfant serait-il un de ces enfants que l’on dit « surdoué », « précoce » ou « à haut potentiel intellectuel » ?

Si vous vous posez cette question, ça n’est sans doute pas par hasard…

Est-ce parce que vous observé chez votre enfant des questions, des intérêts ou des remarques, qui vous ont mis la puce à l’oreille ?

A moins que ce ne soit vos proches ou des enseignants qui aient attiré votre attention sur les « décalages » de votre enfant par rapport aux autres enfants du même âge ?

Si vous avez commencé à vous renseigner sur le sujet, sans doute vous a-t-il semblé que les livres sur le sujet semblent décrire précisément votre propre enfant ?

Quand les mois qui passent vous semblent à chaque fois confirmer ce décalage, la question se pose alors de passer le fameux test de QI…

Bien entendu, ça n’est absolument pas un passage obligé ! Mais j’entends souvent des parents craindre que ce ne soit qu’une étiquette et d’autres que ce ne soit qu’un chiffre, pas très utile dans la vie de tous les jours…

Mon expérience de coach parentale (et de maman aussi ! ) me pousse à dire que ce pourrait être utile, surtout dans le cas précis où : 1° les parents envisagent que le haut potentiel soit avéré et 2° ils font état de difficultés avec leur enfant, soit à la maison, soit à l’école (voire les deux ! ) et craignent pour son épanouissement et la sérénité de la vie de famille.

Je précise que, bien entendu, le haut potentiel intellectuel chez l’enfant ne se traduit pas systématiquement par des difficultés dans le quotidien de la vie de famille ou à l’école. Cela dépend de chaque enfant et de chaque famille.

Pour les parents qui se posent la question et qui vivent des difficultés au quotidien, voici 3 raisons de passer par la case « test psychométrique » ou « bilan psychologique » et ce que cela pourrait changer dans votre quotidien de famille.

Notes préliminaires

1. Le test que j’évoquerai dans cet article est le WISC-V, qui concerne les enfants de 6 à 16 ans. Il existe d’autres tests (notamment le WPPSI) mais ce n’est pas le sujet de cet article car ils n’apportent pas le même éclairage sur les atouts et difficultés de l’enfant.

2. Je suis coach parentale. Ce que j’apporte aux parents concernés par la question du haut potentiel se situe au niveau de l’approche éducative et de la façon de prendre cette « donnée » au quotidien. Je les aide à accompagner leur enfant dans son plein épanouissement et à (re)trouver plus de sérénité dans leur vie de famille. Si j’étudie de très près les travaux récents sur le haut potentiel, et notamment ceux qui sont menés à Lyon par O. Revol, F. Nusbaum et D. Sappey-Marinier, je ne suis pas experte du haut potentiel ou chercheuse en neurosciences.

3. Cet article n’a pas vocation à donner un point de vue exhaustif sur le haut potentiel (ou « philo-cognition », comme nous invite à les appeler Fanny Nusbaum, psychologue et fondatrice du Centre PSYRENE) chez les enfants, son évaluation et ses impacts. J’ai choisi l’angle d’une question qui revient très régulièrement dans la bouche des parents.

4. Il est d’usage de préférer parler « d’évaluation » ou « d’identification » du haut potentiel plutôt que de « diagnostic », car il ne s’agit pas d’une pathologie ni d’un trouble.

#1 Obtenir une confirmation « officielle » et peut-être lever vos doutes

En tant que parent vous avez été, comme tous, émerveillé par les prouesses de votre enfant. Mais rapidement, vous avez eu le sentiment d’un décalage chez votre enfant. Et si votre enfant a entamé sa scolarité, peut être s’est-il accentué encore.

Pour autant, en vous, reste un doute. Oui, votre enfant semble très « éveillé », mais après tout, peut être est-ce dû à l’écoute que vous avez eu, à l’attention que vous avez porté à ses intérêts et questions (souvent existentiels) et au souci que vous avez eu d’y répondre.

« S’il est si intelligent, pourquoi est-ce qu’il lui faut 3 heures pour réaliser des choses simples comme s’habiller ? »

A moins que vos doutes ne soient liés à d’autres types de décalages… Oui, votre enfant vous semble très en avance sur sa compréhension du monde mais en même temps, il semble rencontrer des difficultés plus grandes sur des choses simples, comme le fait de s’habiller le matin, même après 6 ans…

Dans le cas où ces décalages seraient liés à un haut potentiel intellectuel chez votre enfant, la passation d’un test de QI vous permettra d’avoir un regard plus objectivé sur ces décalages.

Et si votre enfant est scolarisé et que cela soulève des problématiques en classe (expression d’ennui, agitation, …), lever vos doutes sur la possibilité d’un haut potentiel vous permettra d’aborder plus sereinement les échanges avec les enseignants et l’Education Nationale.

Être passé par l’étape de l’évaluation (et le cas échéant de la confirmation du haut potentiel) vous permettra d’aborder de façon plus efficace et plus concrète la vie de votre enfant en classe et à l’école que si vous aviez vous-même des doutes à ce sujet.

#2 S’autoriser à calmer le jeu dans le quotidien de la vie de famille

A posteriori, beaucoup de parents réalisent que les difficultés qu’ils rencontraient jusque-là avec leur enfant peuvent justement s’expliquer par le haut potentiel et ses caractéristiques.

Et dans ce cas, « lâcher du lest » sur les difficultés du quotidien s’avère souvent une façon une première étape qui permet de calmer le jeu.

La confirmation du test psychométrique leur permettra de s’autoriser à lâcher du lest sur certains sujets du quotidien.

Parfois, la lecture d’ouvrages spécialisés comme ceux de J. Siaud-Franchin ou de M. De Kermadec et S. Carquain suffira à rassurer certains parents et permettra cette prise de recul vertueuse.

Pour d’autres parents, seule la confirmation du test psychométrique leur permettra de s’autoriser à lâcher du lest sur certains sujets du quotidien, comme les tâches de routine (habillage, …), les conditions de l’endormissement, la capacité de concentration ou des « lenteurs », … qui sont des sujets de crispation au quotidien que la confirmation du haut potentiel peut éclairer d’un autre jour…

A ce titre, l'exemple de l'habillage est souvent révélateur.

Les parents se disent "Il y a trois minutes, il me parlait des ères géologiques et là il se met dans tous ses états pour enfiler une chaussette !! ».

Mon expérience me permet de constater que la levée du doute sur le haut potentiel permet souvent de calmer le jeu le matin alors que ce moment était devenu conflictuel.

En découvrant l'impact de certaines caractéristiques du haut potentiel (concentration, recherche d'intérêt intellectuel, ...), les parents se rassurent sur les capacités de leurs enfant et peuvent renoncer (au moins momentanément) à certains combats stériles.

Mais bien entendu, les « joies » de l’habillage le matin ne sont pas l’apanage des enfants à haut potentiel intellectuel !

La confirmation des atouts et difficultés spécifiques au haut potentiel s’avère souvent précieuse pour les parents, en leur permettant de se rassurer sur leur enfant et surtout de trouver la façon la plus adaptée de l’aider dans les difficultés qu’il rencontre.

#3 Pouvoir mieux comprendre les éventuelles difficultés et trouver (enfin) les réponses adaptées.

Au-delà du score annoncé par le psychologue ou neuropsychologue [2], le WISC-V pourrait vous apporter de précieux éclairages sur votre enfant.

Ils vous seront utiles pour mieux décrypter ses difficultés (si c’est ce que vous vivez actuellement) et découvrir les meilleurs stratégies pour l’accompagner.
C’est souvent une étape qui permet à rapidement à toute la famille de retrouver davantage de sérénité.

Ces éclairages pourraient donc vous être apportés par l’analyse des scores sur les différents indices que comporte le test de QI (indice de compréhension verbale, indice visuo-spatial, indice de vitesse de traitement, …), mais aussi par les éventuels tests complémentaires que pourrait comporter une démarche globale de bilan psychologique (tests de personnalité, tests projectifs, …)

Mais pour ce qui concerne le test psychométrique à proprement parler, voici, à titre d’exemples, quelques éclairages que pourrait apporter l’analyse des score aux différents indices. Ce sont autant de pistes pour permettre aux parents de découvrir comment accompagner au mieux leur enfant :

  • Découvrir le « profil » de haut potentiel intellectuel auquel appartient votre enfant : le profil « complexe » (avec des résultats hétérogènes aux différents  « indices » déterminés par les subtests) ou le profil « laminaire » (avec des résultats plus homogènes). [3]
    Découvrir quel est le « profil » de votre enfant vous guidera plus rapidement vers les stratégies les plus adaptées pour l’accompagner.
  • Mieux comprendre le vécu que produisent des « décalages » et les difficultés qu’ils peuvent générer pour les enfants à haut potentiel intellectuel. Il y a notamment le décalage entre maturité intellectuelle et maturité affective, qui en soit confère une complexité au vécu de ces enfants. Mais le WISC-V pourrait mettre à jour d’autres décalages entre les différences indices qui gagnent à être connus et parfois explorés plus en avant (phénomène de dyssynchronies [4]).
  • Identifier des pistes pour investiguer plus en avant d’éventuels troubles associés comme les troubles de l’apprentissage (les Dys-) ou de l’attention (TDA/H).

Encore une fois, faire passer un test de QI à son enfant n’est en aucun cas une obligation !

Cependant, pour les parents qui ont un doute à ce sujet et aimeraient permettre à leur enfant de se sentir plus épanoui, cette étape pourrait les aider à avancer.

D’ailleurs ce test ne sera qu’une première étape qui apporte parfois plus de questions encore que les réponses apportées !

Les parents ont souvent plus de questions après les résultats qu’avant : quels choix pour la scolarisation ? Comment nourrir l’appétit intellectuel de son enfant ? Quels challenges à l’adolescence ? …

Et vous ? Est-ce que vous vous questionnez sur la possibilité d’un haut potentiel chez un ou plusieurs de vos enfants ?

Pas envie que ça s’arrête là ?

  • Cet article est le premier d’une série sur le sujet, pour ne pas manquer les prochains articles, rejoignez mes contacts privés pour être informé et recevoir les contenus exclusifs que je réserve aux parents qui veulent retrouver un quotidien serein avec leur enfant.
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  • Si ressentez le besoin d'être guidé pour accompagner votre enfant vers son plein épanouissement et (re)trouver plus de sérénité dans leur vie de famille, je vous invite à réserver votre séance découverte ici.

L’auteure. Je suis Céline Syritellis et je suis coach parentale. J’ai créé Paizi pour aider les parents à retrouver un quotidien paisible avec leurs enfants. Je leur propose des solutions personnalisées pour profiter de leur vie de famille et construire avec leurs enfants une relation riche et solide, qui leur permettra de devenir plus tard des adultes épanouis.

Notes

[1] F. Nusbaum « Du haut potentiel à la philo cognition : vers un nouveau modèle de l’intelligence » in O. Revol (dir.) L’enfant à haut potentiel intellectuel : regards croisés, 2018, pp. 58-64.

[2] Je rentre pas ici dans tout ce qu’il y aurait à dire sur le score, que ce soit sur sa validité (on parle de score total « valide » / « non valide ») ou sa communication à l’entourage et aux enseignement (à ce sujet, jetez un oeil à l’article d’Arielle Adda « Faut-il communiquer le chiffre du QI de son enfant ? »)

[3] À ce sujet, les travaux de l’équipe de Lyon (O. Revol, F. Nusbaum) pourront vous intéresser.

[4] Terrassier J.C. (2005) Les dyssynchronies des enfants intellectuellement précoces. Dans : Tordjman S., Les enfants surdoués en difficulté, de l’identification à une prise en charge adaptée. Rennes, Presses Universitaires de Rennes.

Crédit photo : Gaelle Marcel pour Unsplash

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