Mon enfant manque-t-il d’empathie ?

Comprendre ce qui se cache derrière un maque d'empathie... et ce qui aide !

· L'aider à grandir,Questions de parents

Mon enfant manque-t-il d’empathie ? (Ce que ça veut vraiment dire)

“Quand je lui dis que ça me rend triste, il rigole.”
“Quand je lui demande s’il aimerait qu’on lui fasse pareil, il me dit que ça ne le dérange pas.”

Certains parents ont l’impression que leur enfant n’a aucune empathie.

Et forcément, ça inquiète.

Parce qu’au fond, la question derrière, c’est souvent :

“Est-ce que mon enfant va devenir quelqu’un d’insensible ?”

Quand ça y ressemble… mais que ce n’est pas ça

Ce qui est intéressant, c’est que ces mêmes parents disent aussi :

  • “Il peut être très touché par certaines situations.”
  • “À l’école, on le trouve très empathique.”
  • “Il est souvent débordé par ses émotions.”

Alors… manque d’empathie ou pas ?

En réalité, en plus de 10 ans, je n’ai jamais rencontré d’enfant dénué d’empathie.

Ce qu’on prend pour un manque d’empathie, c’est le plus souvent un manque de régulation émotionnelle.

L’empathie chez l’enfant : de quoi parle-t-on vraiment ?

L’empathie n’est pas une compétence unique.

On distingue plusieurs choses :

  • L’empathie affective : ressentir ce que l’autre ressent
  • L’empathie cognitive : comprendre le point de vue de l’autre
  • La préoccupation empathique : vouloir agir pour aider

L’empathie affective est présente très tôt.

En revanche, ce qui manque souvent chez les jeunes enfants, c’est :

  • la régulation émotionnelle
  • le contrôle de l’impulsion
  • la capacité à prendre du recul
  • la maturité pour prioriser l’autre sur soi

Pourquoi faire appel à l’empathie ne fonctionne pas

Quand on dit à un enfant :

“Tu vois bien que ça me fait de la peine.”

ou

“Tu aimerais qu’on te fasse pareil ?”

on pense activer son empathie.

Mais dans la réalité, il se passe souvent deux choses :

  • soit l’enfant se ferme
  • soit il répond de façon provocante : “Moi je m’en fiche”

Ce n’est pas de l’indifférence mais une posture défensive, c'est à dire un masque, quand l’enfant sait déjà qu’il a mal agi… mais ne sait pas faire autrement.

Ce n’est pas de l’indifférence mais une posture défensive,

Le vrai problème : il n’y arrive pas

Quand un enfant est frustré, jaloux ou excité, le “frein” qui permet de se retenir ne fonctionne plus très bien.

Ce n’est pas qu’il ne veut pas bien faire mais plutôt qu’il n’y arrive pas à ce moment-là.

Et c’est pour ça que faire appel à son empathie ne fonctionne pas : ce n’est pas le bon levier.

Une maman me disait récemment “Quand je lui dis que ça me fait mal, j’ai l’impression qu’il s’en fiche complètement.”

En réalité, son fils n’était pas indifférent.

Il était débordé par sa frustration. Et savoir que sa maman était triste ne l’aidait pas à se calmer, au contraire ! Ça ajoutait une émotion en plus… qu’il ne savait pas gérer.

Ce qui l’a aidé, ce n’est pas de comprendre l’impact sur sa maman mais d’apprendre comment faire autrement dans ces moments-là.

Passer sous la surface de l’eau

Le comportement de l’enfant, c’est la partie visible de l’iceberg.

  • Ce qui nous pose problème : il a tapé, poussé, insulté
  • Ce qui pose problème à l’enfant : une émotion intense qu’il ne sait pas réguler

Passer sous la surface, c’est aller chercher ça.

Par exemple :

“Ce n’est pas ton genre de faire des choses désagréables.
Tu as dû te sentir vraiment pas bien pour que ça te donne envie de faire ça.”

Ou encore :

“Quand on se sent mal à l’intérieur, parfois ça donne envie de piquer les autres.”

Ces phrases font deux choses :

  • elles apaisent
  • elles aident l’enfant à comprendre ce qu’il vit

Paradoxalement, dire à un enfant que ce qu’il ressent est “normal” ne le rend pas plus violent. Ça l’aide à se réguler parce qu’il comprend mieux ce qui se passe en lui.

Et c’est exactement ça qui lui permettra, petit à petit, de mieux contrôler ses comportements.

Alors… manque d’empathie ?

Dans l’immense majorité des cas, ce qui manque le plus souvent, ce n’est pas l’empathie.

C’est :

  • la régulation
  • l’inhibition
  • la maturité émotionnelle

Et la bonne nouvelle, tout ça se développe en grandissant. Ce qui aide ce ne sont pas les reproches, les critiques ou la culpabilisation.

C'est de faire nous même preuve d'empathie pour modeler ces comportements, le temps qu’ils construisent leur capacité d'être attentif aux ressentis des autres.

🎥 Retrouvez la vidéo complète ici :

Quelques repères pour les parents

Pourquoi mon enfant semble-t-il manquer d’empathie ?

Parce qu’il est souvent débordé par ses émotions et qu’il ne parvient pas encore à réguler ses réactions.

Faut-il lui faire prendre conscience de l’impact de ses actes ?

Pas à chaud. Dans les moments de crise, l’enfant n’est pas disponible pour ça. Il a d’abord besoin d’être aidé à se réguler.

Est-ce normal ?

Oui. Les capacités d’empathie et de régulation se développent progressivement.

Si ces situations vous parlent, c’est parce que je les rencontre très souvent dans mon travail auprès des familles.

Je suis Céline Syritellis, et j’accompagne les parents qui souhaitent retrouver un quotidien plus PAIZible avec leurs enfants.