❝ Il me demande pile ce que je ne peux pas accepter ❞
« Mon enfant me demande un truc alors qu’il sait très bien que je vais dire non.
C’est quelque chose que j’entends très souvent de la part des parents.
“Il me demande pile le truc que je ne peux pas accepter.”
“C’est bizarre, parce qu’il le sait très bien.”
“On a parfois l’impression qu’il cherche le non.”
Beaucoup de parents ont ce sentiment étrange : comme si il falllait absolument trouver une raison que tout explose... quand tout allait plutôt bien.
Des situations du quotidien qui reviennent souvent
Dans le quotidien, ça prend des formes très parlantes :
- Un enfant qui sort de l’école et annonce : « Ce soir, je veux qu’on mange au restaurant chinois. »
- Ou qui demande de passer à la boulangerie, alors qu’il a déjà eu son goûter.
- Ou encore, plus surprenant : un enfant qui affirme que 2 + 2 = 3, alors qu’il sait très bien compter... et qui se braque si on le contredit !
Vu de l’extérieur, ces enfants peuvent paraître exigeants, rigides, jamais satisfaits.
Les parents sentent que le moindre non peut déclencher une explosion. Et même quand on dit "oui"... la crise n’est pas évitée, elle se déplace simplement sur une autre demande.
Ce qui se cache derrière ces demandes : une demande implicite de réassurance
Ce que j’observe très souvent, c’est que derrière la demande explicite, c'est à dire derrière ce que l'enfant demande verbalement (le restaurant, la glace, avoir raison…), se cache une demande implicite.
C'est cette demande implicite que j’appelle une demandes de réassurance.
Comme si l’enfant demandait en réalité :
- Est-ce que tu es de mon côté ?
- Est-ce que tu me crois ?
- Est-ce que tu es avec moi ?
Le risque, c'est de passer à côté, car quand on ne voit pas ces situations sous cet angle, on se sent vite coincé : soit on dit non et il explose, soit on dit oui, sans éviter l’explosion… et la frustration que "quoi qu'on fasse, ça finit par exploser".
Pourquoi expliquer ne fonctionne pas
Dans ces moments-là, les réponses parentales sont très logiques : on explique, on justifie, on raisonne.
“On a déjà mangé ! ”
“ Mais non mon chéri, 2 + 2, ça fait 4 ”
Avec ces réponses, on répond en réalité au mauvais endroit car on répond à la demande explicite en passant à côté de la véritable demande, la demande de réassurance.
Or, c’est ce besoin de réassurance qui est à prendre en compte, pas le besoin de glace, de restaurant.
Dire “oui” sans dire oui
La posture la plus aidante, ce n’est pas celle qui dit “oui d’accord”, mais celle qui dit : “Oui, je suis là.”
Une façon de faire consiste à dire oui à l’envie... sans accéder à la demande. C'est à dire de s'intéresser sincèrement à la demande explicite sans chercher à l'exaucer pour autant.
Concrètement, cela peut se faire en manifestant de la curiosité, par exemple :
• “Un restaurant chinois ? Qu’est-ce que tu préfères manger là-bas ?”
• “2 + 2, ça fait 3 ? Ah bon… et 3 + 3, ça ferait combien alors ?”
L'humour peut être une autre façon de manifester de l'intérêt pour la demande, tout en se montrant rassurant avec du lien et de la connexion :
“Une glace en plein mois de décembre ? Brrr…”
Aller dans le sens de l'enfant, manifester un intérêt sincère pour sa demande ne veut pas du tout dire céder.
Souvent, cette réponse suffit à faire baisser la tension. Et seulement ensuite, on peut proposer quelque chose de vraiment réconfortant : un câlin, un rituel, une transition.
En sortant de l’alternative "céder ou exploser", vous vous montrez rassurant.e, moins hésitant.e et vous pourrez ainis créer de la réassurance.
L'anxiété et ce qui l'apaise vraiment
Ces situations sont souvent liées à un tempéramment anxieux, avec des inquiétudes qui ne sont pas forcément verbalisées ni même clairement perçues par l'enfant.
Quand les demandes de réassurance finissent en crise, cela renforce l’anxiété et crée des cercles vicieux.
Savoir décrypter ce qui se cache derrière ces demandes contribue, épisode après épisode, à "calmer le jeu" sur le moment et surtout à apaiser l'enfant épisode après épisode.
Car chaque épisode qui ne se solde pas par une crise explosive - même sans avoir dit "oui" - contribue à rassurer l'enfant.
Ce qui apaise vraiment ces enfants, ce n’est pas que leurs demandes disparaissent mais plutôt qu'ils sentent que, même quand ils ne vont pas bien, vous êtes là, solides, tranquilles, de leur côté.
À court terme, dire "oui" peut apaiser... mais à moyen terme, cela ne crée pas de sécurité, pas suffisamment de réassurance. L’apaisement immédiat par un "oui" n’est pas toujours un apaisement sécurisant.
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Si ces situations vous parlent, c’est parce que je les rencontre très souvent dans mon travail auprès des familles.
Céline Syritellis, et j’accompagne les parents qui souhaitent retrouver un quotidien plus PAIZible.