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Aider un enfant à tolérer la frustration

Pourquoi la façon dont nous réagissons à la frustration change tout pour nos enfants.

18 février 2026

Pour aider un enfant à tolérer la frustration, il existe un facteur vraiment déterminant.

Ce facteur, ce n’est ni une technique, ni une méthode éducative particulière.

C’est notre propre capacité à être là… quand il est frustré.

Autrement dit : c’est notre propre tolérance à la frustration qui est déterminante.

Et la bienveillance, dans cette histoire, ce n’est pas seulement pour les enfants ;-)

Deux voies inefficaces : imposer… ou éviter

Pour développer la tolérance à la frustration, il n’y a pas trente-six chemins. Cela se construit épisode après épisode, quand un adulte accompagne l’enfant dans sa frustration.

Il s'agit d'éviter deux extrêmes :

1️⃣ Frustrer pour frustrer

C’est le fameux :

“Il faut qu’il s’habitue.”

“La vie, c’est comme ça.”

Oui, la vie comporte des frustrations, mais imposer la frustration n’apprend pas à la tolérer. On développe davantage l’aversion pour la frustration que la tolérance à la frustration. L’enfant apprend qu’il déteste ça encore plus,... et qu’il doit tout faire pour l’éviter !

2️⃣ Éviter la frustration à tout prix

À

l’inverse, il y a le réflexe :

“Vite, qu’est-ce que je peux faire pour que ça s’arrête ?”

“Tiens, prends ça.”

“Bon d’accord, mais juste cette fois.”

J'ai l'habitude de dire aux parents

Quand on se plie en quatre pour éviter toute frustration, celui qui devient souple, ce n'est pas l'enfant... c'est celui qui se plie en quatre ;-)

Mon enfant apprend que la seule chose qui apaise, c’est d’obtenir ce qu’il veut. En tant que parent, c'est le risque de finir soit même très frustré et épuisé… parce qu'il n'est pas possible d'éviter toute frustration. Le jour où l'on se sent coincé... on risque d'exploser, pour tous les efforts qui nous auront paru inutiles, tous les "retours d'ascenseur" que nous n'aurons pas obtenus.

Une frustration peut en cacher une autre...

Quand un enfant explose parce que la banane est coupée dans le mauvais sens, il y a en réalité deux frustrations en même temps : celle de l'enfant & celle du parent.

L'enfant est frustré par la banane coupée dans le mauvais sens.

Le parent est frustré parce que l'espoir d'un repas calme vient de voler en éclats.

Ce qui est contreproductif pour développer la tolérance d'un enfant à la frustration, ce n'est pas tant qu'il ou elle soit frustré.e. C'est notre propre réaction quand notre frustration déborde.

Soit on s’agace, soit on sur-adapte (on recolle la banane). Dans les deux cas, on agit surtout pour faire taire notre propre inconfort, le vécu désagréable de notre propre frustration.

Accueillir la frustration… même quand c’est la 15e de la journée

Pour pouvoir accompagner un enfant frustré, il faut d’abord pouvoir faire quelque chose de sa propre frustration.

Dire par exemple : “Argh mon chaton, tu es super fâché à cause de cette banane…

tu voulais pas que je la coupe comme ça ?”

Ce n’est pas une technique magique, ni une façon de chercher à contrôler l’émotion de l'enfant. C’est une présence.

Et parfois, l’enfant répondra quand même : “C’est ta faute !”. Mais pas de panique ! C'est la suite logique du processus. Souvent… il n’y a rien d’autre à faire.

C'est souvent quand les parents font les choses les plus puissantes — comme accueillir l’émotion — qu'ils ont le moins l'impression d'agir efficacement. Or par cette présence compatissante, les parents sont au coeur de leur rôle.

Ce qui développe vraiment la tolérance

Un enfant développe sa tolérance à la frustration grâce à quelque chose de très simple : le fait d’avoir quelqu’un qui est là chaque fois qu’il est frustré.

Notez que je n’ai pas dit : “grâce à des épisodes évités ou résolus", c’est même l’inverse !

C’est justement grâce à ces moments qui ressemblent à des échecs — la scène de la banane — que la tolérance de l'enfant à la frustration se construit progressivement. Pas tant parce qu'il faut frustrer pour comprendre. Mais plutôt parce que chaque fois qu'il est frustré, l'enfant est accompagné par une présence contenante et compatissante. C'est là qu'on apprend à tolérer la frustration, à ne plus trop la craindre.

Cela se produit à condition que la crise de l’enfant ne déclenche pas celle du parent.

Quand on passe les "bosses" de ces épisodes de frustration sans paniquer, il se passe quelque chose de très structurant pour l'enfant.

Prendre soin de sa propre frustration

Si je vous parle de notre propre tolérance à la frustration, ce n’est

pas parce que c’est indispensable pour que vos enfants “aillent bien”.

Les enfants vont bien et s’ils se permettent d’exploser, c’est souvent parce qu’ils savent qu’on est suffisamment solides pour encaisser.

Mais nous, adultes, parents d'aujourd'hui, nous n’avons pas toujours appris à tolérer la frustration. Ce n’est pas un manque de compétence. C’est une question d’apprentissage.

Si vous ressentez un sentiment d’échec face aux frustrations répétées de votre enfant, ou l’impression de ne pas être le parent que vous voudriez être, alors prenez soin de votre propre frustration.

Non seulement cela aidera votre enfant à mieux traverser la sienne, mais vous vous sentirez aussi plus ancré, plus tranquille à l’intérieur.

Les enfants apprennent à traverser la frustration quand quelqu’un est là pour les aider à la traverser.

C’est aussi "simple" que ça.

🎥 Retrouvez la vidéo complète ici :

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Si ces situations vous parlent, c’est parce que je les rencontre très souvent dans mon travail auprès des familles.

Je suis Céline Syritellis, et j’accompagne les parents qui souhaitent retrouver un quotidien plus PAIZible :-)