❝ Je ne vais quand même pas le laisser seul avec sa peur ? ❞
Quand un enfant se réveille la nuit et a peur, beaucoup de parents reçoivent ce conseil : “Il est grand, il doit apprendre à se rendormir seul ” ou bien “Dites-lui de rester dans son lit ”, ...
Et pourtant... quand on voit bien que ce n’est pas un caprice, que l’enfant est réellement inquiet, la question devient beaucoup plus complexe pour des parents attentifs.
Parce qu’au fond, on se dit :
“Je ne vais quand même pas le laisser seul avec sa peur ?! "
Quand les conseils sont difficiles à appliquer
Prenons le cas d’une famille que j’ai accompagnée récemment. Leur aîné de 4 ans se réveillait 1 à 2 fois par nuit, et petit de 2 ans aussi ! On leur avait conseillé de “briefer” le grand pour qu’il comprenne qu’il devait laisser ses parents dormir, mais pour la maman, c’était difficile... Elle avait l’impression que ne pas répondre, c’était le laisser seul avec sa peur.
Alors parfois ils le raccompagnaient dans son lit, d'autres fois ils le laissaient venir dans le leur. Le sommeil était inévitablement fragmenté…mais ils se sentaient présents pour leur aîné.
Lors de notre échange, ils ont évoqué les investigations menées par les médecins qui suspectent une apnée du sommeil. Et cette hypothèse a changé notre regard, en fournissant une potentielle explication sur les nombreux réveils nocturnes.
Et si ce n’était pas la peur qui réveillait l’enfant ?
La question qui a tout transformé a été celle-ci :
Et si ce n’était pas la peur qui le réveillait…
mais le fait d’être réveillé en pleine nuit qui créait la peur ?
Se réveiller dans le noir, dans le silence, quand tout le monde dort… c’est déstabilisant pour un jeune enfant.
Dans cette perspective,il devenait plus facile de comprendre que la peur était une conséquence, pas nécessairement la cause de ces réveils nocturnes.
Cette nouvelle lecture a apaisé beaucoup de scrupules chez la maman. Elle n’était pas en train de “jouer un mauvais tour” à son enfant et elle pouvait l’aider à traverser ce moment.
Une ligne de conduite claire et rassurante pour accompagner les peurs qui se manifestent lors des réveils nocturnes
À partir de là, nous avons construit une ligne de conduite en 4 étapes douces. L’idée n’était pas de le laisser seul mais de l’aider à grandir.
1️⃣ Normaliser
Cela consiste à donner une explication rassurante à l'enfant, en disant par exemple :
“On cherche à mieux comprendre ce qui se passe la nuit. C'est sans doute ta respiration qui te réveille.”
Normaliser change beaucoup de choses : cela évite d’ajouter à l’inconfort du réveil l’angoisse de “ne pas contrôler ce qu’on ressent”.
2️⃣ Accueillir en pleine nuit
Ensuite, quand l'enfant se réveille la nuit, les parents peuvent accueillir d'une seule phrase le ressenti de l'enfant en le nommant.
“Tu as eu peur ?
Oui, tu as eu peur parce que tu t’es réveillé.”
Accueillir ne veut pas dire dramatiser mais simplement aider l'enfant à reconnaître son vécu, et le normaliser.
3️⃣ Introduire de premières stratégies de réassurance
Pour soutenir l'enfant avec ces peurs qui se manifestent lors des réveils nocturnes, les parents peuvent profiter d'un moment calme, à la lumière du jour, pour proposer des "missions" qui sont en fait des stratégies de réassurance :
“Si tu te réveilles, tu peux d’abord allumer ta veilleuse.”
“Tu peux prendre ton doudou spécial nuit.”
À ce stade, ’enfant continue de rejoindre ses parents, mais il ajoute une petite action, qui introduit de nouvelles stratégies.
C'est l'occasion de le féliciter, non pas lorsqu'il n'y a pas de réveils nocturnes, mais plutôt quand il a pensé à sa "mission" :
“Bravo d’avoir pensé à ta veilleuse.”
On le félicite d’avoir fait un geste pour se rassurer.
4️⃣ Introduire des stratégies avec plus d'autonomie
Progressivement, quand la situation est apaisée, on teste de nouvelles "missions", avec un peu plus d'autonomie.
L’enfant a déjà été mis en réussite et il a déjà reçu des encouragements. Il est alors possible de faire de premiers essais pour voir :
Est-ce que la veilleuse peut suffire ?
Est-ce que le doudou peut suffire ?
On ne le laisse pas seul avec sa peur ! On l’aide à se doter de ressources.
Ce qui transforme vraiment la situation
On ne rend pas un enfant plus fort en le laissant seul quand il a peur.
On le rend plus solide quand on lui montre qu’une peur peut être traversée :
• d’abord avec nous,
• puis progressivement avec des stratégies qu’il s’approprie.
Et souvent, ce qui change le plus les choses, ce n’est pas une technique de plus mais le changement de regard des parents. Quand ils se sentent en train d'accompagner leur enfant, de le soutenir, plutôt que d'hésiter en tenir ou céder. L'apaisement revient plus facilement et leur posture est naturellement beaucoup plus efficace.
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Si ces situations vous parlent, c’est parce que je les rencontre très souvent dans mon travail auprès des familles.
Je suis Céline Syritellis, et j’accompagne les parents qui souhaitent retrouver un quotidien plus PAIZible.