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[Education bienveillante] Les 5 malentendus qui vous empêchent de rester bienveillant

· Question d'education,Être parent

A l’heure où l’éducation bienveillante a inondé les librairies, les blogs et les comptes « parentalité » des réseaux sociaux, on entend de plus en plus de voix s’élever… contre l’éducation bienveillante et ce que beaucoup perçoivent comme des « diktats ».

Ce n’est pas faute d’avoir démontré, neurosciences à l’appui, les vertus d’une éducation bienveillante pour le développement de nos enfants et leur épanouissement futur.

Alors pourquoi de plus en plus de parents commencent à douter de ses bienfaits ? Pourquoi entend-t-on que « l’éducation bienveillante, ça ne marche pas vraiment », que « ça n’est pas pour mon enfant » ou encore « ça m’a gonflé, j’ai laissé tombé » ?

Loin de moi l’idée de vous détourner de la bienveillance ! C’est LA valeur qui me tient le plus à coeur.

Je crois que derrière ces remises en questions, se cachent surtout des malentendus sur la bienveillance et l’éducation bienveillante.

Vous êtes convaincus par la bienveillance mais vous commencez à douter de son efficacité dans le quotidien avec vos enfants ? Et si l’un de ses malentendus vous jouait des tours ?..

J’ai recensé pour vous 5 fausses-idées sur l’éducation bienveillante qui risquent de vous empêcher d’être vraiment bienveillant.e

#1 Être bienveillant c’est être gentil

J’entends beaucoup de mamans regretter d’avoir été « gentilles » voir « trop gentilles » et se mettre à douter des vertus d’une éducation bienveillante.

La bienveillance ne saurait être réduite à "être gentil.le" ! Ce n’est pas non plus vouloir faire plaisir.

La bienveillance, c’est la capacité à voir ce qu’il y a de bon chez l’autre : ses qualités, ses efforts, ses intentions, … C’est aussi une attitude, une façon de se comporter marquée par l’écoute et le respect.

« Accepter ou pas ? », « dire oui ou non ? »… Un parent prendra de bien meilleures décisions s’il est mû par la volonté d’être bienveillant que par la crainte de ne pas être gentil.

La justesse et la cohérence de nos attitudes, mais aussi la valeur que nous accordons à nos enfants (ce qu’il/elle mérite, ce lui sera précieux, …) sont de bien meilleurs guides !

Avez-vous déjà vécu cette scène où votre enfant réclame avec insistance ce jouet habilement placé en tête de gondole alors que vous patientez en caisse ?

Être « gentil », ce serait chercher à lui faire plaisir… au risque d’attendre en retour qu’il/elle sache à son tour vous « faire plaisir » en obtempérant à chacune de vos demandes de retour à la maison !

Être bienveillant, ce pourrait être de comprendre qu’il n’a pas décidé de vous embêter (non, ce sont plutôt les experts du marketing qui nous compliquent la tâche, ceux qui placent les jouets à cet endroit 😅😅), reconnaître son envie sans la remettre en question et apporter la réponse que l’on a vraiment envie d’apporter (« non » si c’est le cas !).

#2 La bienveillance c’est surtout pour les enfants

La bienveillance envers soi-même est une impasse que font de nombreux parents qui regrettent que l’éducation bienveillante « ça ne marche pas ! » ou les épuise.

Parents, pensez à être bienveillants envers vous-mêmes ! Ce n’est ni du narcissisme, ni de la complaisance. C’est décider de tenir compte de votre valeur, de vos capacités ou de vos efforts.

Parents, pensez à être bienveillants envers vous-mêmes aussi !

C’est primordial pour vous-même, surtout quand vous êtes confrontés à des difficultés (sentiment que vos enfants n’écoutent pas, que vous n’y arrivez pas, que vous perdez trop souvent patience, …).

Je suis convaincue qu’il n’existe pas d’éducation bienveillante si l’on oublie d’en faire preuve envers soi-même ! J’en parle très souvent aux parents que j’accompagne, et je l’écris souvent par ici, comme dans cet article sur le mythe de la maman calme ou cet autre article sur notre enfant intérieur.

#3 Dire « non » c’est manquer de bienveillance

Trop de personnes font l’amalgame « bienveillance = dire oui ».

Pourtant, dire « non » (ou signifier que c’est non) sera souvent l’attitude la plus bienveillante !

Reprenons la situation de cet enfant dans un magasin qui réclame le jouet aperçu en tête de gondole.

Oser dire « non » à son enfant, c’est une façon de lui accorder de la valeur : je t’aime et j’ai envie de te montrer que toujours acheter ce qui nous fait envie ne rend pas plus heureux (même si tu as le droit d’éprouver ces envies).

Savoir dire « non » à son enfant, c‘est aussi accepter la frustration qu’il pourrait ressentir et faire le pari qu’il est capable de traverser cela, si besoin avec l’aide de l’adulte.

De même, être bienveillant ce n’est pas limiter vos réactions aux seules félicitations quand l’enfant réussit !
La bienveillance qui leur sera la plus bénéfique, c’est justement celle dont vous saurez faire preuve quand ils sont déçus ou qu’ils n’ont pas réussi.

Si vous manquez de clés, retrouvez dans cet article 20 façons d’encourager votre enfant qui fonctionnent pour ses réussites comme pour ses difficultés !

#4 La bienveillance, c’est une recette qu’il suffit d’appliquer

Combien de livres expliquent aux parents, illustration à l’appui, comment réagir avec bienveillance envers son enfant, ses comportements ou ses émotions ?

Et combien de parents culpabilisent de ne pas réussir à accueillir la « crise » de 18h30, en se mettant à sa hauteur et exprimant avec empathie « oui, je comprends, c’est difficile. Tu as le droit d’être en colère mais pas de taper pour le dire » ?

On érige l’éducation bienveillante en modèle, on la décline en recettes simples à appliquer.

La bienveillance, ça n’est pas si simple ; l’éducation bienveillante encore moins !

Mais la bienveillance, ça n’est pas simple !!

Être bienveillant avec nos proches ou ceux qui partagent nos opinions et nous ressemblent, c’est une chose.

L’être face à celui (y compris votre enfant) qui ne se conforme pas à vos attentes ou ne partage pas le même point de vue, c’en est une autre !!

Ce qui se complique encore, c’est quand on a reçu une éducation qui ne nous a pas donné les clés d’une attitude bienveillante et qui a pu forger des croyances (« je dois lui montrer qui décide », « je ne suis pas assez… » ) et des réflexes (« je me sens frustré.e, je crie »).

Considérons la bienveillance comme un chemin sur lequel on avance et dont il faudrait dire plus souvent l’ambition !

Sans cela, l’éducation bienveillante devient une source de pression pour les parents, …surtout s’ils manquent de bienveillance envers eux mêmes !

#5 Être bienveillant, c’est être un bon parent

Les étalages de librairies et les réseaux sociaux amènent souvent les parents à penser que pour être un bon parent, il faut être bienveillant.

Loin de moi l’idée de vous détourner de la bienveillance ! C’est LA valeur qui me tient le plus à coeur.

Mais si vous intégrez l’idée « je suis bienveillant donc j’assure en tant que parent », vous risquez de penser logiquement : « je n’ai pas sû être bienveillant.e, donc je ne suis pas un bon parent ».

Le parent parfait n’existe pas ! Comme je l’explique dans cet article, on peut tirer un trait sur la mère parfaite… sans renoncer à donner le meilleur à son enfant ;-)

Mon message pour les parents ? Acceptez de faire de votre mieux, comme d’autres avant vous, sans complaisance mais avec bienveillance envers vous-même !

Et chez vous ? L’éducation bienveillante c’est plutôt un « coup de pouce » ou un « coup de pression » ?

Pas envie que ça s’arrête là ?

L’auteure. Je suis Céline Syritellis et je m’adresse aux parents qui sont fatigués de crier sur leurs enfants. Je leur propose des solutions personnalisées pour les aider à retrouver un quotidien paisible et construire avec leurs enfants une relation riche et solide.
Découvrez ici les accompagnements que je propose avec Paizi.

Crédit photo : Edi Libedinsky pour Unsplash

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